Lundi 16 mai 2005

Souffle d'Oro

Un chanteur à la voix d'or, des musiciens au comble de leur art, le festival « Musiques en fête » débute par un concert inoubliable.

Il soufflait samedi soir à Munster un air délicieusement magique. Un de ces instants musicaux qu'on souhaiterait sans fin. La première soirée du festival « Musiques en fête » a rempli son contrat, à défaut de remplir l'église Saint-Léger. Dommage. Vraiment dommage. Les amoureux de belle musique pourront le regretter. David-Mathieu Maurer, président de l'association Alsace terre de Culture, avait de légitimes raisons d'être fier de cette première soirée musicale. Avec son équipe, ils a souhaité magnifié la femme, sacrée, profane, connue, inconnue, muse, qui, dit-il « a inspiré les plus grandes pages de la musique ». Piochant dans le répertoire sacré de Pergolesi, compositeur italien, et de Vivaldi, c'est surtout à la Vierge que les musiciens ont rendu hommage samedi soir. L'ensemble Stradivaria, dirigé d'un archet de maître par Daniel Cuiller, vient pour la sixième fois jouer dans ce festival. Il se produisait encore ce dimanche à Gunsbach. Stradivaria a envoûté le public de Munster, mais que dire de la voix de Martin Oro ? Aussi délicate que puissante, elle pénètre au coeur directement, sans passer par la case cerveau. Nul besoin d'y réfléchir, sa voix se ressent, ni plus, ni moins. Comment ne pas tomber sous le charme du contre-ténor alto argentin, d'une beauté fière et d'une grâce indéfinissable. Son interprétation du Stabat mater de Vivaldi a gonflé l'église d'émotion. Mais c'est dans le Nisi Dominus du même Vivaldi qu'il a pris possession du lieu, laissant s'envoler sa voix dans de magnifiques volutes. Les applaudissements ont fusé dans le souffle de sa dernière note, tellement le public piaffait d'impatience de lui signifier son bonheur. Car oui, le public prenait plaisir à se laisser porter par Martin Oro, et les musiciens également. Daniel Cuiller, au violon sautillant et à la direction enthousiaste, semblait transporté de joie, comme tout le monde. Deux rappels plus tard, le concert s'est achevé par la première « standing ovation » de l'histoire (courte) du festival. Une ovation méritée.

Isabelle Glorifet

 

Souffle d'Oro

 

Isabelle Glorifet

Les notes du contre-ténor alto Martin Oro ont conduit le public vers le bonheur. Un moment musical très intense dont le festival « Musiques en fête » se souviendra.